Depuis la fondation d’écouter lire penser, je constate à quel point le Web constitue un excellent véhicule pour cette forme d’expression littéraire. Au bureau ou à la maison, il est aisé de s’accorder quelques minutes pour lire un poème de Carole Gagné, de Florence Saillen ou de Paul Laurendeau. Mais il y a encore mieux que le Web. Sur le site d’ebooks gratuits, nous pouvons dès lors accéder à des centaines de recueils de poèmes libres de droit et ce, en différents formats. Aussi est-ce en furetant sur ce site que j’ai découvert le format mobibook, un format qui permet de lire des recueils entiers de poèmes du corpus français (Hugo, Baudelaire, Lamartine, etc.) sur son téléphone 3G (Nokia e71, Iphone, Blackberry, HTC, Samsung, etc). Pour le roman, il vaut peut-être mieux attendre le véritable appareil de lecture des fichiers numériques qui permettra de lire des textes longs sans fatiguer nos yeux. Mais, en ce qui me concerne, pour la poésie, c’est déjà une révolution de lire un poème dans le bus à partir de mon smartphone…
Mon amie libraire devrait comprendre que ces recueils de poèmes, chez elle, ne se vendront plus… En effet, à quoi bon acheter une édition de poche des Feuilles d’automne de Victor Hugo quand on peut l’obtenir gratuitement et le lire sur son téléphone? Et quand le ebook aura trouvé une norme commune, ce qui ne saurait tarder, alors mon amie pourra prendre sa retraite beaucoup plus tôt qu’elle ne l’avait prévu...
Qu’on le veuille ou non, les technologies façonnent nos vies. Comme l'eau du torrent charrie les détritus des terres environnantes, elles entraînent dans son sillon tous ceux et celles qui ont la prétention de s’y opposer. La profession de libraire est sur le point de mourir, victime du progrès technologique, et que l’on soit pour ou contre n’y changera rien. Par contre, l’éditeur vivra, lui, et son avenir est radieux.
